Raoul, bûcheron dans les Vosges, perd son fils dans un accident de voiture. Approché par une étrange jeune femme qui lui révèle que celui-ci testait des médicaments pour une grande firme, ce père brisé décide de mener sa propre enquête.
Thriller ambitieux, politique et inquiétant, le nouveau protocole est un petit OVNI dans le paysage cinématographique français. La paranoïa y est le maître-mot, habilement servie par une Marie-Josée Croze allumée et habitée, et terriblement convaincante. La croire ou pas? tel est le dilemme de Raoul (Clovis Cornillac, encore une fois génial) qui trouve pas mal de réponses aux questions qu'il se pose dans la théorie de la jeune femme.
Le spectateur est libre de se faire sa propre opinion car le film ne prend véritablement partie pour aucun des deux clans: aucun n'agissant d'ailleurs comme il le devrait. Projet ambitieux au résultat efficace et prenant, Le Nouveau Protocole souffre cependant de certaines situations faciles (ou alors la police française n'est vraiment pas douée du tout).
Casting impeccable (à noter la prestation de Dominique Reymond, artiste subtile et en verve dans les seconds rôles actuellement), final choc et surprenant, morale laissée à la libre appréciation du spectateur. Un bon film!
Avec Clovis Cornillac, Marie-Josée Croze, Dominique Reymond, Gilles Cohen et Stéphane Hillel
Quand leur mère décède soudainement, trois frères et soeur se posent la question légitime de savoir ce qu'ils feront de leur héritage. Eparpillés sur la planète, à quoi va leur servir la grande maison de maître familiale et les objets d'art qui s'y trouvent?
L'héritage. Ou ce poison infâme pour le bien être des familles. Chacun s'y retrouve confronté un jour ou l'autre. Dans L'heure d'été, l'héritage est conséquent. Culturel, fortuné. Nous ne nous trouvons pas dans une famille populaire mais dans celle de bons bourgeois, artistes, commerciaux et autres, modernes et libérés aussi, mais sans véritable souci financier. Et c'est bien là que le film perd en crédibilité. Tout le monde ne peut pas comprendre les problèmes qui les déchirent.
Passé cela, le nouveau film d'Olivier Assayas est marqué d'une nostalgie souvent éreintante (Edith Scob, mamie culture) qui ne dessert pas la beauté (mais la cruauté) de la scène où tout le monde quitte la maison familiale, laissant la grand-mère seule à sa mélancolie. Les enfants ne semblent jamais vraiment concernés, à part Charles Berling sûrement. Binoche et Renier (mal assorti à son épouse) sont distants.
Néanmoins, le film parvient à séduire car le casting est de haute volée déjà, mais aussi par la beauté des objets d'art prêtés pas le Musée d'Orsay. En fin de compte, L'heure d'été est une excellente publicité pour celui-ci. Au final, je dis dommage. Dommage car Assayas est un bon réalisateur, les acteurs sont tous excellents (je vais encore parler de Dominique Reymond) mais le film souffre de son élitisme et de sa distance avec la majeure partie du public.
Avec Charles Berling, Juliette Binoche, Jérémie Rénier, Dominique Reymond et Edith Scob
Quant à la sueur de son front, Daniel Plainview tombe sur un puits de pétrole, il ne sait pas encore qu'il va bientôt être à la tête de la plus prospère des exploitations pétrolières de l'ouest américain. Flanqué de son fils adoptif, il prend véritablement possession d'une bourgade dont le sol est une véritable mine de pétrole.
A rôle énorme, acteur énorme. Oscarisé pour sa prestation dantesque, Daniel Day Lewis est remarquable de force et d'inhumanité. Face à lui, Paul Dano (l'ado autiste de Little Miss Sunshine) montre qu'il a la trempe de ses acteurs qui deviendront grands très bientôt. Malgré son physique singulier, il fait montre d'une force de caractère éblouissante.
L'histoire est simple mais puissante. Le héros est détestable et reconnait lui-même qu'il déteste les gens. Ce monstre de haine et d'ambition est prêt à tout pour parvenir à ses fins et même à abandonner ou éliminer quiconque serait un obstacle dressé en travers de son chemin (son fils, ce frère qu'il n'a jamais connu).
Paul Thomas Anderson nous livre un film énorme, culte certainement, puissant, dérangeant, ôdieux aussi. Malgré il y a quelques longueurs qui font que je ne le dresserai pas en film parfait, There will be blood justifie bien son titre. Au sommet de tout cela, le duel entre les personnages de Dano et Day Lewis, deux personnages charismatiques, opposés mais semblables en bien des points. Un duel sans merci.
Avec Daniel Day Lewis, Paul Dano, Dillon Freasier, Russell Harvard et Ciaran Hinds
Quand l'honneur de son ancêtre est trainé dans la boue, Benjamin Gates se lance dans de nouvelles aventures afin de laver cet honneur baffoué, rétablir le véritable rôle de feu son aieul (un héros), de récupérer la jolie Abigail et bien évidemment découvrir de nouveaux trésors.
Deuxième volet des aventures de Benjamin Gates (je n'ai pas vu le premier). L'idée de base est assez calquée, voire pompée sur Indiana Jones mais est loin d'en avoir le piment ni le niveau. La facilité avec lesquelles le héros se retrouve dans les situations les plus variées, les endroits les plus sûrs (bureau ovale, Buckingham Palace, grotte aux trésors) est à la limite du foutage de gueule. Enfin bref, ça reste un Disney donc grand public mais bon, personne n'est dupe.
Au demeurant, les personnages sont attachants. Benjamin (Nicolas Cage, pas mauvais) "réconcilie" père et mère ( les excellents Jon Voigt et Helen Mirren). De leur côté, Abigail (divine Diane Kruger) et le fidèle Riley (Justin Bartha) remplissent parfaitement leurs rôles de compléments. Quant à Ed Harris, il compose une excellent méchant.
Vous aurez bien compris que le film m'aura vraiment laissé sur ma faim. Si ce n'était la qualité de l'interprétation, le film serait vraiment insipide.
Avec Nicolas Cage, Diane Kruger, Jon Voigt, Helen Mirren et Ed Harris
Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas encore, je me suis mis, parallèlement au rugby, au MMA (c'est à dire Mixed Martial Arts). Kesako le MMA? On peut parler de free fight, de combat libre (techniques de frappes au sol et debout, boxes, projections, combat au sol, etc.). C'est le mélange parfait de tous les styles.
Samedi j'étais à Londres et, avec quelques potes, on est allé à la Wembley Arena assister au Cage Rage 25ème du nom. Au menu, les Shamrock père et fils. D'un côté Ken, le père, a perdu de sa superbe (il est l'un des premiers héros de la discipline) en perdant sans gloire contre l'anglais Robert "Buzz" Berry. De l'autre Ryan, le maigrichon fils américain, a bien resisté avant de se casser la main et de jeter l'éponge face au britannique Giorgio Andrews.
C'est la première fois que j'assistais à une soirée de combats. Je dois admettre que beaucoup furent décevants, à commencer par celui de mon pote Roman Webber, balayé en un rien de temps par l'italien Ivan Serati. Que dire du combat féminin entre l'irlandaise aux cheveux roses Ayslen Daily et la jolie turque Aisen Berik qui a fini la tronche en sang? Ben je n'aime pas les combats de nanas.
Dans ma catégorie de poids (heavyweight = lourds), Mustapha Al Turk a battu le tyrès sympa Gary Turner avec qui j'ai eu l'honneur d'échanger quelques mots. Quant aux gros bébés Neil Grove et Rob Broughton, c'est ce dernier, plus jeune, qui a emporté la décision des juges après un combat assez mou. Mais j'ai encore du boulot avant de pouvoir en affronter ne serait-ce qu'une moitié d'un lol.
Je retiendrai comme combat de la soirée celui gagné d'un kick magistral par l'anglais Tom Watson (également très sympa quand je l'ai vu lors de la soirée après le show) face au ricain au nom francophone Pierre Guillet.
Après une violente tempête, David et son jeune fils se rendent au supermarché de leur ville du Maine quand une mystérieuse brume, étrangement opaque, arrive et fait disparaitre les gens qu'elle attrappe dans des cris inquiétants. Réfugiés dans le magasin, un groupe de personnes attend de comprendre ce qu'il se passe et, devant l'horreur des choses, chacun a ses propres réactions.
Nouvelle adaptation ciné pour un roman de Stephen King (en l'occurrence une nouvelle). D'ordinaire, on se serait attendu au pire. Dans le cas présent, il faut admettre que le résultat est assez bon. Dommage néanmoins que tout ceci soit un grand poil trop long. Histoire de déblayer complètement ce qui ne va pas dans le film, les effets spéciaux sont assez mauvais pour notre époque.
Au-delà des différents "monstres" que le brouillard peut cacher, l'essentiel intérêt du film repose sur les humains et leurs réactions face à cette horreur. D'une femme que tout le monde disait folle (excellente Marcia Gay Harden) à prêcher de manière excessive Dieu et tenter de convaincre chacun que le jugement dernier approche (convaincue de son fait avec l'attaque des insectes géants), vont naître une poignée, un groupe puis une majorité d'adeptes à ses délires. La véritable horreur est humaine et non dans les phénomènes inexpliqués qui se passent dans le brouillard.
Des morts il y en a: du jeune débile qui se croit invincible à la jolie caissière, en passant par le biker couillu et au groupe d'incrédules refractaires et j'en passe. Mais encore une fois, ce sont les Hommes qui rendent le film flippant. Seul un petit groupe va garder "les pieds sur Terre" parmi lesquels David (efficace Thomas Jane), son fils et la gentille Amanda (Marita Covarrubias dans X-Files, culte) et va devoir faire face, non seulement au danger extérieur, mais également à la folie de leurs camarades.
Avec un final éprouvant mais terriblement bien vu, the Mist est une bonne surprise. Malgré ses longueurs et le côté parfois énervant de certains personnages, cela reste une très bon film fantastique.
Avec Thomas Jane, Laurie Holden, Marcia Gay Harden, Andre Braugher et Toby Jones