Two Lovers, de James Gray
Anéanti par une rupture, Leonard vit de nouveau chez ses parents, un couple aimant mais possessif qui n'hésite pas à le mettre dans les bras de Sandra (Vinessa Shaw, douce), fille d'un couple d'amis. Leonard est charmé mais dès le lendemain, il rencontre Michelle, sa nouvelle voisine, et en tombe dès l'instant fou amoureux. Entre sa passion pour une fille paumée, un peu droguée, amoureuse d'un homme marié et la sagesse de se tourner vers une relation stable avec une jeune femme sûre de son charme et de ses sentiments pour lui, Leonard est pris au jeu de la confusion des sentiments et de l'embarras du choix.
Il y a celle qui l'aime et il y a celle que lui aime. Dans le rôle de Michelle, Gwyneth Paltrow, en contre-emploi, justifie amplement l'oscar obtenu il y a dix ans pour son rôle dans Shakespeare in Love. De plus en plus belle, charismatique, lumineuse, paumée, perdue, manipulatrice parfois, elle rivalise avec un Joaquin Phoenix toujours aussi dense dans ses compositions, ici tourmenté, amoureux.
James Gray a le don pour filmer la noirceur de New York. Ici, la ville n'a rien de glamour ni de tendance; elle sonne vraie, comme les décors de l'appartement des parents de Leonard (Isabella Rossellini est épatante). Il a également le don de créer des scènes magnifiques (la tentative de suicide, la déclaration sur le toit, l'adieu à sa mère, entres autres).
S'il n'évite pas quelques longueurs, Two Lovers est un film poignant, émouvant et difficile, formidablement porté par des acteurs inspirés.